Afin d’alimenter les réflexions sur l’impact réel du “piratage” sur la création, il conviendrait d’avoir une image fidèle et détaillée de l’évolution dans le temps du chiffre d’affaire global des secteurs de la création (musique, film, livre, …)
Il pourrait également être pertinent d’y joindre une estimation de l’évolution du poids du secteur de la création non marchande (peut-être en terme de quantité d’écoute plutôt que de CA, du coup)



Rapport à ton deuxième paragraphe, je suis d’avis de réfléchir d’abord aux indicateurs pertinents qui permettraient de prendre la mesure de la santé de la création. Le CA seul me semble extrêmement simpliste et son étude reviendrait à évaluer la santé de l’industrie musicale, et non de la création elle-même.
Il ne faut pas faire de distinction création marchande / non marchande. Il y a la création, et elle ne prend qu’une seule forme. Le fait que des gens se fassent de l’argent dessus est amha complètement anecdotique.
Ne pensez-vous pas que ce discours est complètement has been ?
) ?
Qu’est ce que la “création” (en dehors des thèses créationnistes bien entendu
Tous les jours des individus créent ! Ils créent un spectacle de rue, un spectacle pour des enfants, une sculpture, un tableau, une fresque à même le sol, des poteries décorées, etc. D’autres font du merchandising, vendent quelques disques ici ou là, font du bruit lors d’une émission de radio, etc.
Tout cela c’est de la création non ?
Mais tout cela l’espèce de faire-valoir à la botte des ayants-droit commençant par H (comme Hôpital ) et se terminant par pi (comme mal en pis) s’en moque éperdument.
Seule la “création” rapportant de l’argent fait l’objet des attentions.
Or, en terme d’activité humaine (temps passé), il est clair que c’est celle que je décris qui l’emporte haut la main.
À la lumière du documentaire sur le “poison dans nos assiettes” de Marie-Monique Robin, la loi “de mal en pis” me fait sacrément penser à ces innombrables commissions et agences qui ne sont, en fait, que des ramassis de collusions et de priorités données à la défense du business avant tout.
Tout y est obscur, falsifié dans un seul objectif : rassurer les actionnaires.
Quitte à passer quelques dizaines ou centaines de milliers de cancers en pertes et profits.
Ben oui, à moi les profits à la collectivité les pertes et autres charges. Non mais !
Même chose pour les agences de sûreté nucléaire et autre AIEA.
Ce qu’il a de bien avec les probabilités c’est que leur marge d’incertitude inhérente ne sert toujours que la même partie prenante.
Les cancers des pesticides ou du nucléaire voient leur contrepartie dans les pestiférés du numérique ou dans les spectacles de rue côté Hpi : juste quelques centaines de milliers d’emplois volontairement mis à l’écart par les statistiques …
Alors oui, créons des chiffres, inventons-les, faisons des études.
Et alors ? De même que les agences de sécurité alimentaires ou autres agences du médicament : elles sont toujours là et desservent toujours les mêmes qu’elles devraient défendre à tout prix : les consommateurs, l’intérêt général.
Encore une chose : la propriété intellectuelle est aujourd’hui la pire chose qui ait été inventée.
Non pas qu’elle soit inutile mais ses dérives (en premier lieu sa durée et sa portée légitimes) en font une menace de premier ordre sur l’emploi.
Bien loin de créer des emplois (ce que ses ardents promoteurs font miroiter à nos très chers gouvernants) elle les détruit sans aucune commune mesure jusqu’ici.
En effet, elle offre, pour un minimum d’investissement une rentabilité assurée, proche de 100% (un seul cabinet d’avocat peut en défendre des milliers : pas besoin d’embaucher) sur 20 ans, sur 50 voire sur 70 ans.
db
@Romain : on t’écoute pour les indicateurs pertinent, je reformulerais le titre de la question avec.
Je ne suis par contre pas certain que les gens qui gagnent leur vie avec la création soient à considérer comme étant “anecdotiques”. Il faut encore différencier ceux qui gagnent leur vie de ceux qui gagnent un pognon fou, c’est encore autre chose.
@Galo : et sinon, une proposition concrète, quelque chose ? Oui, c’est le pognon qui intéresse les gens, c’est loin d’être un scoop, tout le monde le sait, on peut passer à autre chose ?
Comme dit, je n’estime pas avoir la réponse, je dis justement que la première étape est de discuter de ces indicateurs. Que pourrait-on choisir ?
Veux-t-on s’intéresser aux seules créations “culturelles” ? Première question. La musique, le cinoche, le texte (littéraire, ou pas). S’arrête-t-on là ? Un logiciel est une création ? Une création physique ? (rep raps, etc) Où s’arrête la culture ? Les fringues, c’est de la création ? Je pense qu’il faut déjà clarifier ce point.
Ensuite comment on estime leur évolution ? Prend-on un indicateur commun pour tous ces domaines ? Fait-on du cas par cas ? Doit-on d’abord lister tous les types de création que l’on souhaite évaluer avant de déterminer la façon de le faire ? Je pense que c’est l’étape suivante.
Pour répondre à ceux qui bossent dans la “création”, dont je considère la prise en compte comme anecdotique.
Je pense que personne n’est anecdotique. Ce n’est pas ces gens qui vivent (et qui font vivre leur famille) de la création qui sont anecdotique ; c’est leur prise en compte dans l’estimation de l’état de santé de la création qui l’est. Je m’explique. En quoi le CA de quelle industrie que ce soit peut permettre d’estimer l’état de la création ? Si il augmentait, la création le suivrait ? Si non, péricliterait-elle ? J’en doute fortement, et c’est pourquoi je pense que l’étude de cet indicateur n’apporte aucune information, mis à part de savoir si ces gens qui bossent devront pointer au chômage, et si oui, comment pourraient-ils faire. (ce qui est une question tout à fait légitime ! Elle n’est juste pas en rapport avec la santé de la création.)
Exemple extrême : Si demain la culture ne devait être que bénévole, comme elle le fût une très grande partie de l’histoire de l’humanité, mais qu’elle était prolifique dans ses productions, qui pourrait le blâmer ? Certainement pas moi, en tout cas.
PS : je ne l’ai pas dit jusque là, mais je trouve que cette initiative est ce que vous avez fait de mieux depuis l’ouverture des labs, d’autant plus que je n’ai toujours pas reçu de réponse quant à ma candidature de contributeur de ces labs.
M’est avis que les labs hadopi ont pour mission de plancher sur la création artistique. Après, on peut débattre du fait qu’un bon codeur est un artiste (je penses que oui, perso) mais ce n’est clairement pour l’instant pas dans les attributions d’HADOPI.
Note, ça n’empêche pas de réfléchir plus globalement, on est entre nous, finalement.
Je dirais donc, pour borner la réflexion, qu’on s’intéresse à l’audio, à la vidéo et au texte, plus vulgairement, à la musique, au cinéma et à la littérature.
Reste donc à trouver les bons indicateurs. Au boulot !
Pour la culture bénévole, le troubadour lambda qui jouait de sa mandoline, il attendait à bouffer derrière. C’était pas de la vente à grande échelle de musique enregistrée, mais c’était un moyen de subsistance. La question est donc de savoir si le “piratage” remet en question ce genre de subsistance. Je crois que non, reste à le prouver
Et pour les réponses aux candidatures, nous avons une réunion demain soir ou je mettrais ça sur le tapis.
Bon je vais répondre sur ce thread. (tu me dis si c’est l’endroit, mais vu qu’ils ne veulent pas de moi aux labs, je m’éclate ici ^^)
Alors on a abordé une nouvelle notion. L’art. Comment distingue-t-on l’art de la création ? Un tube de Johnny, c’est de l’art ? Bon, c’est au moins de la création, c’est sûr. Mais le mec qui fait de l’accordéon dans le métro, c’est quoi ? c’est sûrement ni de l’art, ni de la création, à partir du moment où il joue l’amant de saint-jean et la valse d’Amélie Poulain 10 fois par jour. Mais ça reste de la musique. Et moi je veux pas qu’on oublie de parler de mon pote roumain qui a choisi de faire de l’accordéon dans le métro pour survivre, grâce à quelques pièces glanées ça et là. Alors quoi ? C’est de la musique, c’est sûr. Ça me donne plus d’émotions de l’entendre que d’entendre lady gaga 10 fois par jour dans le transistor. On fait quoi ? On le rémunère ? On en parle au moins ?(j’ai pas la réponse, je pose la question, mais m’est avis que si la SACEM commence à chercher l’embrouille dans le métro je suis pas prêt de le revoir…)
Pour ce qui est du deuxième mouvement de ton argumentaire, tu me parles du troubadour lambda. Moi je te réponds mon ami roumain du métro. Eux ont tous deux choisi d’utiliser la musique pour manger. Pas pour gagner de l’argent, hein. Pour manger.
Mais les autres. Cherchez les artistes dans vos connaissances, dans l’histoire des artistes de renom. Y en a-t-il un seul qui ait commencé la musique dans le but de manger ? Manger au sens de mon pote roumain, pas se faire du fric, soyons clairs. Pour ma part, je n’en trouve pas. Pas un artiste n’a commencé à faire de la musique, de la peinture ou du théâtre dans le but de pouvoir en vivre. Pouvoir en vivre est une aspiration qui vient sur le tard. Mais pourquoi vient-elle cette inspiration ? Je ne sais pas.
Beaucoup font de l’art de très bonne qualité, sans en retirer suffisamment d’argent pour pouvoir en vivre. Que veut-on ? Veut-on les voir vivre de leur art à 100% ? Veut-on les voir garder plusieurs activités, même s’ils ne peuvent pas créer pleinement à cause de ça ? Je ne sais pas. Mais c’est ça la vraie question. C’est une question de volonté.
Que du vrai … Mais ou pose-t-on la limite entre “gagner sa croûte” et “faire de l’argent” ?
Pouvoir vivre de son art (art au sens très large, pour le coup), ce devrait être l’aspiration de tous, imho.
Bon, du coup, comment reformule-t-on la question d’origine ?
Ah, et l’idée était de déterminer, chiffre à l’appui, si le piratage est oui ou non nocif à la création commerciale pour ce qui concerne le champ d’application d’HADOPI …
Après, je doute qu’il soit nécessaire de prouver que le piratage est bénéfique à la création Creative Common
@bruno
“Oui, c’est le pognon qui intéresse les gens, c’est loin d’être un scoop, tout le monde le sait, on peut passer à autre ”
si c’est ta vision ok mais alors pourquoi ne pas rémunérer les anonymes pour leur idées puisque c’est le pognon qui intéresse les gens???
je viens de lire l’article de philippe astor
dixit : L’initiative de cette piscine, conçue comme une “boite à idées et questions”, revient à Serge Soudoplatoff et Bruno Spiquel, deux “experts-associés” recrutés pour assurer la transversalité des travaux des différents labs Hadopi, dont les thématiques peuvent se recouper. L’idée de départ est de faire l’impasse sur la longue procédure d’enregistrement et de validation en tant que contributeur et de permettre à des anonymes de faire des suggestions et de s’exprimer.
“boite à idées et questions” “suggestions” le temps de cerveau disponible vaut bien une rémunération NON ??
Useless comment is useless…
@romain
NON justement le sujet est d’actualité ! pourquoi ne pas rémunérer les idées la question es simple NON ?
je ne penses pas que les experts “Serge Soudoplatoff et Bruno Spique” travaille gratis !
C’est quoi la question ? Est-ce que TOI tu veux être rémunéré ? Effectivement Bruno et Serge ne bossent pas gratis, mais je ne parviens pas à voir le rapport. C’est clair que le but est d’amasser des contributions bénévoles, afin de créer un truc intéressant. Si tu ne veux pas contribuer bénévolement, libre à toi. Mais on ne va pas réclamer de la thune juste parce que Bruno et Serge sont payés pour leur taf !
@jerezim est aussi payé à la quadrature et ça n’empêche pas tout le monde de remplir les wikis et d’agir bénévolement…
Donc à part si c’est pour faire de la provoc’ gratuite, je vois pas trop l’intérêt…
Eh ben je t’en prie, si tu as de l’argent pour payer les personnes qui viendront commenter ici, fais toi plaisir, je te met en contact sans problème
ce n’est pas de la provoc romain c’est juste une question pourquoi ramasser des contributions bénévoles ? si il y a déjà des experts pourquoi ne pas faire appel à leur matière grise ! c’est bien pour cela qu’on embauche des experts ?!
je ne suis pas le seul a me poser la question tu n’as pas besoin de t’emporter
sinon je viens de poster sous le sujet “Histoire des modèles de la création” tout un tas de liens concernant le copyright et la propriété intellectuelle (tu vois c’est juste gratis) principalement pris sur owni et readwritedweb il y a déjà des centaines de site qui ont planché sur le sujet.
tchuss
Si 7 personnes suffisaient à trouver la solution magique, on l’aurai trouvée depuis longtemps. La mission des experts est de cadrer le travail. Ceci dit, la question de la rémunération des gens qui vont plancher (vraiment plancher, pas ceux qui vont faire 4 commentaires
) s’est effectivement posée et n’a pas réellement été tranchée.
Éternel problème d’indépendance/temps disponible
Mais on s’éloigne du sujet. Je vais faire un forum à coté pour les troll je sens :p
les métiers de la musique m’intéresse au plus près puisque j’y travaille depuis + de vingt piges.
si tu penses que je suis un troll parce que je parle d’argent c’est ton droit !
va lire numerama et tu verras que je suis resté très sage .
http://www.numerama.com/magazine/18409-la-piscine-de-l-hadopi-risque-t-elle-de-noyer-les-labs.html
“des gens qui vont plancher (vraiment plancher, pas ceux qui vont faire 4 commentaires
) s’est effectivement posée et n’a pas réellement été tranchée.”
donc ma question n’est pas inutile il suffisait juste d’y répondre.
merci
Au temps pour moi si tu trouves que je me suis emporté, j’avais l’impression de ne pas être le plus aggressif des deux…
Allez, sans rancune
“j’avais l’impression de ne pas être le plus aggressif des deux…”
no problemo perso je n’ai pas de pression, je ne fais pas parti des Labs de la Haute Autorité (humour)
je reçois des centaines de cd’s, le numérique ne me concerne pas personnellement(je suis de la vieille école j’aime le packaging et je ne risque pas de voir ma collection disparaitre pour cause de faillite de mon hébergeur
mais comme la zique est mon gagne pain je suis avec enthousiasme tout progrès dans le domaine.
bonne continuation !