Loin du “1 téléchargement = 1 vente non réalisée”, quels sont les indicateurs pertinents si on souhaite étudier les impacts positifs et négatifs des échanges non marchands sur l’économie de la création ?
- Comment quantifier le bénéfice d’un téléchargement illégal sur l’image de l’oeuvre et le fait qu’elle a, de facto, plus de chance de trouver son public ?
- Comment quantifier réellement X et Y dans “x téléchargements = y ventes non réalisées” ?
- Quels sont les autres points à quantifier pour arriver à dresser une liste de l’ensemble du positif et de l’ensemble du négatif ?
- Quels sont les écarts types en fonction du type d’oeuvre ? (par exemple, contrairement à la musique ou au livre, un film tourne rarement en boucle chez quelqu’un, les données du problèmes sont donc potentiellement différentes)



Pour répondre à cette interrogation je pense que nous pouvons déjà citer le créateur d’un des jeux les plus remarqué du moment Notch le créateur de Minecraft. Dans une interview donné dans un salon que l’on peut trouvé ici Notch exprime clairement son avis sur les téléchargements illégaux.
Bien que selon lui 70% des joueurs utilisent une copie pirate de son jeu. Ce n’est pas vraiment un problème car son jeu étant en perpétuelle évolution un pirate achètera son jeu la semaine suivante car il sera fatigué de le piraté toute les semaines.
Il était également dit qu’une vente réalisé était différente d’une vente perdue car le pirate en montrant le jeu à son cercle d’ami générera peut être 2 ou 3 peut-être même 10ventes, au final le bénéfice à été diminué sur une courte période pour être ensuite largement supérieur à la perte estimée.
Et pour reprendre l’équation “x téléchargements = y ventes non réalisées” elle me parait réellement très difficilement quantifiable si l’on prends en compte cet effet boule de neige inhérent au piratage
Ensuite un raccourci est fait par beaucoup de personne est qu’un téléchargement est un vol alors que toujours selon Notch “Si vous volez une voiture, l’original est perdu. Si vous copiez un jeu, il y en a simplement plus en circulation”. Le propriétaire n’est donc nullement lésé par cette copie car il possède toujours son bien.
Pour finir je ne saisis pas cette histoire d’écarts types en fonction du type d’œuvre. Car que le film, le livre, ou la musique soit “utilisé” une seule fois ou une infinité de fois la perte sera la même une et une seule vente par oeuvre. Je ne saisis donc pas l’utilité de les différencier.
Il est clair qu’on a définitivement un problème de métrique. Avoir une métrique permettrait d’avoir des données objectives sur le sujet, et donc de prendre des décision éclairées.
Pas plus que le 1 téléchargement = 1 vol, l’avis du créateur de minecraft n’est pas une métrique fiable.
J’ai vu cette étude : https://www.eff.org/deeplinks/2011/03/another-new-study-shows-filesharing-doesn-t-deter il y a peu. Je n’ai pas encore pu mettre le nez dans les détails, mais ils proposent un modèle mathématique, donc il y a probablement matière à réflexion la dedans pour créer une métrique.
« Économie de la création » ?
Peut on préciser de quoi il s’agit concrètement ?
Voulez-vous dire par la ;
les bénéfices de l’industrie audiovisuelle ? Ou bien encore le compte suisse d’un chanteur dont la promotion est assurée au JT de 20H ? S’agit il du salaire d’un preneur de son ou de celui d’un pianiste, ou bien du montant des dividendes reversées aux actionnaires des majors ?
Il me semble que l’impact du piratage, qu’il soit positif ou négatif, sera très différents suivant qui ou quoi, mais une chose me parait claire : on parle essentiellement de bizness et non d’art et de création, ou de culture. Les indicateurs pertinents ne peuvent donc qu’être de nature économique.
Tenter de rapprocher un acte de téléchargement d’un acte d’achat, c’est selon moi se tromper sur la motivation de l’internaute. La plupart du temps, celui-ci n’est pas dans une logique d’achat lorsqu’il est sur le net. Encore moins lorsqu’il s’agit d’utilisateurs de réseaux p2p car ceux la ne peuvent pas, même si certains le souhaiteraient, payer la consommation d’une œuvre téléchargée par ce biais.
Exception faite d‘études très tardives et plus ou moins bien réalisées, l’industrie n’a aucune vision claire de ce qui se passe réellement sur les réseaux p2p. Elle a donc besoin d’indicateurs (mais que fait TMG ?), notamment parce qu’elle ne peut que « subir » un phénomène dont elle est totalement absente et désengagée, depuis le début.
Selon que l’on parle de musique de variétés, de jazz ou bien de films très populaires, l’impact économique lié aux téléchargements p2p sera très différent : Avatar est un succès commercial indéniable et pourtant, c’est un film qui a connu l’un des plus gros volume de téléchargements pirates. En comparaison, la disponibilité p2p d’un album de jean louis murat sera sans doute bien plus préjudiciable, économiquement parlant. Cependant, il n’est pas dit que l’artiste n’y gagnera pas en popularité et que, par exemple, cela ne puisse pas avoir ensuite un impact positif plus fort qu’une simple campagne de promotion tv. Les pertes liées aux ‘non ventes’ potentielles sont peut-être dans bien des cas moins importantes que les coûts de promotion TV …
Il n’est pas question ici de légitimer le téléchargement illégal mais d’en parler objectivement et de comprendre que l’on ne peut y répondre efficacement de manière répressive, tant juridiquement que techniquement, justement pour les mêmes raisons que l’on ne peut produire d’indicateurs précis :
Avant de faire un ratio nbr de téléchargements/nbr de non ventes, il faut déjà connaitre le nombre précis de téléchargements pour une œuvre données.
Sur le sujet, je ne vais pas entrer dans la technique mais faire une parabole : A l’instar des échanges p2p, on peut estimer plus ou moins bien le volume d’eau versée dans un bol mais jamais on ne produira d’indicateurs fiables sur le nombre précis de molécules qui co-existent dans ce même bol, sur une période données.
Autrement dit, si indicateurs il y a sur le p2p, ceux si ne peuvent être fiables qu’en représentant des volumes comparés et dans ce domaine, on est plus proche de la météorologie que de la comptabilité : Avec le p2p et même sur l‘Internet en général, c’est très différents que de compter des ventes de CD. Même si l’on détecte 100 téléchargements pour une œuvre, rien n’interdit de penser qu’on en a peut être loupé 500 sur la même période. Par contre, si l’on a une population d’utilisateurs assez nombreuse, on peut affirmer que X est 10 fois plus populaire qu’Y, que le nombre de téléchargements de M a augmenté de 800% suite a sa mort ou que la dernière promo de S n’a généré que 25% d’intérêt en plus et seulement pendant les 4 ou 5 jours de diffusion de la campagne TV, ce qui indique par ailleurs que beaucoup de pirateurs regardent aussi TF1.
Estimer les choses a l’aide de ce type d’indicateurs peut être très utile mais penser (par exemple) baser une répartition financière juste sur des indicateurs de volumes, c’est la plupart du temps se contenter de répliquer ce qui se passe a la fnac : plus une œuvre est téléchargée et plus les ventes seront nombreuses. (Ce qui est déjà une information intéressante en soit …)
Malheureusement, même s’il reste suffisamment représentatif pour produire des indicateurs pertinents, le p2p est aujourd’hui largement minoritaire en comparaison des téléchargements de type DDL. Il existe une multitude de sites de DDL, comme megaupload qui totalise déjà a lui seul environ 20 000 visiteurs français sur un période de 24h.
Sur la même période, on dénombre environ 35 000 utilisateurs Français sur la totalité du réseau eDonkey. Certains veulent croire en l’effet hadopi mais quelque en soit la raison, les faits témoignent que ce changement a commencé bien avant la mise en œuvre de cette loi.
Désormais et comme beaucoup l’avaient annoncés depuis bien longtemps, le vrai problème de l’industrie audiovisuelle en matière de piratage sur internet, ce n’est plus les échanges p2p mais le téléchargement direct.
Et la, la responsabilité est partagée entre les dangereux internautes anarchistes qui ne veulent plus payer la musique et des sociétés commerciales qui ont un bizness model entièrement basé sur le piratage.
Si universal avait « fait » un megaupload avant megaupload, elle serait aujourd’hui forcement gagnante, tant en terme de popularité que financièrement. Car le fait qu’elle ne le fasse pas n’empêche nullement que cela se fasse par ailleurs mais par contre, si elle le faisait elle-même, cela ne serait plus assez rentable pour que d’autre le fasse. Itou sur le p2p. Elle pourrait ainsi garder un meilleur contrôle sur ce qui est diffusé, comment et a quel moment, tout en organisant le bizness au travers de contributions volontaires, d’abonnements et autres cochonstés tel que recettes publicitaires (2 ou 3 millions d’affichage de pub par jour, cela commence a faire pas mal d’euros.) ou bien via des ventes de produits dérivées, associés aux œuvres.
Au lieu de cela, ce sont de méchants pirates qui ont ce contrôle …
Les avis sont trop souvent simplistes et donc faux. Exemples : 1 téléchargement=1 vol, ou 1 copie pirate générera peut être 10 ventes.
A l’inverse, des études basées sur un modèle mathématique ne sont pas accessibles à tous (moi y compris).
Commençons donc par des études “indépendantes”, et publiées, puis décryptées pour être compréhensibles par tous.
Qui se propose pour réaliser une étude : CNRS, Hadopi, IRCAM, … ?
Qui se propose pour diriger/commander une étude : Ministère de la Culture, groupement d’éditeurs, … ?
Note, les labs ont la possibilité de commandes des études. Encore faut-il les cadrer précisément.
Je suis désolé, mais se baser sur des modèles est indispensable pour quantifier les enjeux, et donc pouvoir avancer dans la réflexion.
Sans quoi on est condamner à patauger.
bon, je persiste : la fonction edit ne marche pas.
ou bien, je sais pas la faire marcher.
j’aurais bien aimé, pourtant …
J’ai que 15 minutes devant moi mais je jette un oeil.
J’ai trouvé un plugin vite fait qui permet ça. Dites moi ce que ça donne.
Ça à l´air de fonctionner correctement. Bravo
okay c’est bon.

t’a plus qu’a faire menage dans les commentaires.
merci
La question me semble avoir deux defauts majeurs:
+ elle est une remise en cause trop frontale CPI L. 521-7, elle ferait mieux dans ce cas de s’orienter vers une question de principe d’évaluation du dommage
+ elle mélange la question des DI et la question de la creation de valeur par les echanges non marchands, qui sont deux questions fondamentalement différentes, la seconde étant plus idéologiquement marquée que la première, nuisant ainsi tant a l’une proposition qu’à l’autre IMHO