Qu’est-ce qui vaut le mieux pour l’homme : l’abondance ou la rareté ? Bien évidemment, l’abondance !
Sauf que, comme le décrivait Frédéric Bastiat :
On remarque qu’un homme s’enrichit en proportion de ce qu’il tire un meilleur parti de son travail, c’est-à-dire de ce qu’il vend à plus haut prix. Il vend à plus haut prix à proportion de la rareté, de la disette du genre de produit qui fait l’objet de son industrie. On en conclut que, quant à lui du moins, la disette l’enrichit. Appliquant successivement ce raisonnement à tous les travailleurs, on en déduit la théorie de la disette. De là on passe à l’application, et, afin de favoriser tous les travailleurs, on provoque artificiellement la cherté, la disette de toutes choses par la prohibition, la restriction, la suppression des machines et autres moyens analogues.
Il en est de même de l’abondance. On observe que, quand un produit abonde, il se vend à bas prix : donc le producteur gagne moins. Si tous les producteurs sont dans ce cas, ils sont tous misérables: donc c’est l’abondance qui ruine la société. Et comme toute conviction cherche à se traduire en fait, on voit, dans beaucoup de pays, les lois des hommes lutter contre l’abondance des choses.
La culture a évidemment tout à gagner à être abondante et accessible à tous. Sauf que sa “valeur marchande” baisse lorsque son abondance augmente. Avec la dématérialisation, l’abondance d’une œuvre est absolue : tout le monde peut partager copier gratuitement. On ne peut pas rêver mieux si l’on défend l’abondance. Mais si on se concentre sur la valeur marchande, on en conclut que l’abondance ruine la culture, car alors il n’est pas possible de la faire payer. On se lance alors dans une guerre contre le partage, une lutte contre l’abondance qui vise à restaurer la rareté afin de satisfaire une demande solvable. » Lire la suite…
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